CourtiConnect
EN🤝Espace courtier
← Retour au blog

Le rééquilibrage quitte l'île : ce que plus 28 et plus 26 forcent à conclure

Les données publiées par l'APCIQ le 4 septembre 2026 donnent trois chiffres pour la région métropolitaine de Montréal en août : 20 128 inscriptions en vigueur, en hausse de 18 % sur un an, avec la Rive-Sud à plus 28 % et la Rive-Nord à plus 26 %. Ces trois nombres, mis ensemble, en imposent un quatrième qui n'est écrit nulle part. Nous avions traité l'accumulation d'offre par secteur sur la seule copropriété dans notre comparaison des secteurs de la RMR.

Prêt à vendre votre propriété ?

Obtenez une analyse de marché gratuite par un courtier OACIQ.

Parler à un courtier →

On ne peut accompagner que 5 vendeurs par semaine dans votre secteur pour garder un suivi personnalisé.

La déduction que la moyenne impose

Une moyenne se situe toujours entre le plus faible et le plus fort de ses composants. C'est une propriété élémentaire, et elle a ici une conséquence directe. La région progresse de 18 %. Deux de ses secteurs progressent de 28 % et de 26 %, tous deux au-dessus de cette moyenne. Il s'ensuit nécessairement que le reste de la région progresse moins vite que 18 %.

Ce n'est pas une hypothèse, ni une interprétation. C'est une conséquence arithmétique : deux composants ne peuvent pas dépasser la moyenne sans que d'autres passent en dessous, sinon la moyenne serait plus élevée. Et pourtant cette phrase ne figure dans aucun communiqué, parce qu'un communiqué rapporte des chiffres publiés et non les relations entre eux.

Le fait qui compte est donc celui-ci : le surplus d'inscriptions ne croît pas uniformément sur le territoire. Il croît plus vite dans les couronnes que dans le reste de la région. Après une période où l'accumulation d'offre s'était d'abord manifestée sur l'île, elle progresse désormais plus rapidement au-delà. Le rééquilibrage se déplace, il ne se répand pas de façon homogène.

Ce que nous ne pouvons pas écrire, et pourquoi

Il serait tentant d'enchaîner sur un pourcentage pour l'île de Montréal. Nous ne le ferons pas, et la raison mérite d'être posée parce qu'elle vaut pour toute lecture d'agrégat.

Isoler un composant d'une moyenne exige de connaître le poids de chaque secteur dans le total. Combien d'inscriptions pèse la Rive-Sud, combien la Rive-Nord, combien l'île : sans ces poids, la moyenne ne se décompose pas. Le communiqué ne les fournit pas. Un pourcentage avancé pour l'île serait donc calculé sur des hypothèses de poids inventées, et il aurait toutes les apparences d'une mesure.

Deuxième précaution, et elle est du même ordre. Le reste de la région ne se réduit pas à l'île : d'autres secteurs y figurent. Ce que l'arithmétique établit, c'est que ce reste, pris ensemble, croît moins vite que 18 %. Elle n'établit pas que chacun de ses composants soit en dessous. L'île en est la partie la plus lourde, ce qui rend la lecture naturelle, mais naturelle n'est pas démontrée. Nous écrivons donc le sens de l'écart, jamais sa valeur.

Le stock monte plus vite que ce qui l'alimente

Deux autres chiffres du même mois éclairent la mécanique. Les nouvelles inscriptions s'établissent à 5 874, en hausse de 7 %. Les inscriptions en vigueur, elles, montent de 18 %. Ce sont deux mesures différentes qu'on confond souvent : la première compte ce qui entre sur le marché pendant le mois, la seconde compte ce qui s'y trouve à un instant donné.

Quand le stock progresse deux fois et demie plus vite que le flux qui l'alimente, l'écart ne vient pas de l'entrée. Il vient de ce qui ne sort pas. Le troisième chiffre le confirme : 2 853 ventes en août, en recul de 13,1 % sur un an. Moins de sorties par la vente, à volume d'entrées presque stable, produit mécaniquement un stock qui enfle.

Ce qui distingue cette lecture des deux précédentes

Nous avons déjà publié deux analyses voisines, et il vaut mieux dire nettement en quoi celle-ci ne les répète pas. La première comparait les secteurs de la région sur la seule copropriété, à partir du tableau sectoriel de l'APCIQ. La seconde, sur la montée des inscriptions sur la Rive-Sud, examinait les causes d'une vague dans un secteur unique.

L'objet est ici différent des deux : c'est le différentiel entre les couronnes et le reste de la région, tous types de propriétés confondus, et ce qu'une moyenne autorise à conclure sur ses composants. Ni un segment isolé, ni un secteur isolé, mais la relation entre un total et ses parties. C'est une lecture qu'on ne peut faire qu'en tenant les trois chiffres ensemble.

Ce qu'un vendeur de couronne doit en retenir

Un propriétaire de la Rive-Sud ou de la Rive-Nord qui met en marché cet automne affronte une concurrence qui progresse plus vite que la moyenne régionale. Ce n'est pas la même situation qu'un vendeur situé dans un secteur où l'offre croît moins vite, alors même que les deux lisent le même chiffre de 18 % dans la presse.

La conséquence pratique porte sur le calendrier avant de porter sur le prix. Plus d'inscriptions en vigueur signifie plus de choix pour l'acheteur, donc un délai plus long et une position de négociation moins confortable. Le prix ne bouge qu'ensuite, et pas toujours. Couper son prix dès les premières semaines revient à anticiper une étape qui n'est pas encore là, en abandonnant la marge dont on aura besoin plus tard.

La mesure qui manque

Une déduction correcte reste une déduction. Ce qui trancherait, c'est la ventilation des inscriptions en vigueur par secteur avec leurs volumes, et non seulement leurs variations. Avec les poids, la moyenne se décompose et l'île se lit directement, sans passer par un raisonnement sur la moyenne.

En attendant, la lecture utile à l'échelle d'un dossier reste locale. Combien de propriétés comparables sont actuellement en vente dans votre secteur immédiat, et combien de temps ont mis les ventes récentes du même type à se conclure. Ces deux nombres décrivent votre concurrence réelle ; la variation régionale, elle, décrit seulement le courant dans lequel vous entrez.

Voir ce qui se vend réellement dans votre secteur

Estimer ma propriété →

Restez informé du marché immobilier

Recevez nos analyses et conseils chaque semaine, directement dans votre boîte courriel.

Articles similaires

Analyse Marché

Sherbrooke, juillet 2026 : un calendrier d'inscriptions décalé du cycle provincial

Le marché québécois suit un cycle dont le pic se situe au printemps. Un marché organisé autour d'une année universitaire suit un autre calendrier, dont les échéances tombent en été. Ce décalage se manifeste d'abord sur la copropriété, et il change le moment où une inscription rencontre le plus d'acheteurs.

Analyse Marché

Copropriété à Montréal : 435 000 $ en juin 2026, un nouveau record

En juin 2026, le prix médian des copropriétés de la région de Montréal atteint 435 000 $ (+2 % sur un an), un sommet, malgré des ventes en recul de 8 % et un inventaire en forte hausse. Pourquoi le condo résiste et ce que cela change pour acheter ou vendre.

Analyse Marché

Québec 2026 : trois lectures qui ne concordent pas

Peu de surenchère selon l'économiste-experte de l'APCIQ, une surchauffe surveillée par la SCHL selon La Presse, et une première baisse trimestrielle de prix en plus de trois ans. Pourquoi trois lectures d'un même marché peuvent coexister sans qu'aucune soit fausse.

Vous vendez ou achetez au Québec ?

Obtenez une estimation gratuite en 2 minutes, basée sur +34 000 ventes réelles.

Estimer gratuitement
Rédigé par Hamza T., courtier immobilier certifié OACIQ · DESS en IA, UQAR

Vous avez une propriété à évaluer ?

Obtenez une estimation gratuite basée sur les ventes réelles de votre secteur.

Estimer ma propriété →