Rive-Sud mai 2026 : les ventes tiennent (−1 %), mais l'offre bondit de 21 %
La Rive-Sud est le paradoxe des statistiques APCIQ de mai 2026 : c'est à la fois le secteur où les ventes résistent le mieux — 1 103 transactions, en baisse de 1 % seulement quand la RMR recule de 7 % — et celui où l'offre grimpe le plus vite, avec des inscriptions en hausse de 21 % sur un an. Après le portrait que nous avions dressé du marché Rive-Sud au printemps, les chiffres de mai précisent la trajectoire : la fenêtre vendeurs est encore ouverte, mais elle se referme.
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Les chiffres de mai 2026 : 1 103 ventes (−1 %), un volume stable d'environ 707 M$, et des prix en hausse partout — unifamiliale à 650 000 $ (+2 %), copropriété à 400 000 $ (+2 %), plex à 827 000 $ (+7 %, la plus forte progression plex de la RMR). Les délais restent courts : 31 jours pour une unifamiliale et 28 jours seulement pour un plex, le record régional. Pendant que l'île de Montréal perd 10 % de ses ventes, la demande sud tient bon, portée par les familles en quête d'espace et de prix d'entrée inférieurs à l'île.
Mais l'offre monte plus vite que partout ailleurs
Le revers de la médaille : 3 807 inscriptions en vigueur, +21 % sur un an — la plus forte hausse de la RMR —, et 1 522 nouvelles inscriptions en mai (+3 % par rapport à mai 2025). Surtout, l'APCIQ classe désormais la Rive-Sud, avec l'île de Montréal, parmi les deux seuls secteurs dont l'offre dépasse la moyenne historique. Concrètement : les acheteurs de la Rive-Sud ont retrouvé du choix, et chaque propriété mise en vente affronte plus de concurrence qu'à pareille date l'an dernier.
Pourquoi cette vague d'inscriptions ?
Plusieurs dynamiques convergent. Des propriétaires qui avaient reporté leur vente en 2024-2025 profitent de prix au sommet pour concrétiser. Le segment condo de Brossard et Longueuil reçoit les livraisons de projets lancés au plus fort du cycle. Et une partie des vendeurs anticipent : avec un inventaire régional en hausse depuis dix mois, mieux vaut vendre avant la bascule qu'après. Cette dernière logique s'auto-alimente — c'est précisément elle qui accélère la normalisation du marché.
Vendeurs : agir pendant que les deux courbes sont favorables
La combinaison actuelle — prix encore en hausse, délais courts, demande stable — reste l'une des meilleures configurations de vente de la RMR. Mais la courbe d'offre dit clairement que chaque trimestre d'attente ajoute des concurrents. Pour un propriétaire qui projetait de vendre « d'ici un an ou deux », avancer l'échéance se défend objectivement. Condition sine qua non : un prix de départ calé sur les ventes comparables des 90 derniers jours de votre ville — pas sur le sommet espéré de 2025.
Acheteurs : le retour du choix
Pour les acheteurs, +21 % d'inscriptions change la donne au quotidien : plus de visites possibles, moins d'urgence à renoncer aux conditions, et un pouvoir de négociation qui revient graduellement — surtout en copropriété. L'unifamiliale bien située sous les 650 000 $ reste disputée, mais le réflexe de surenchérir systématiquement n'a plus sa raison d'être. La Rive-Sud de juin 2026 récompense la préparation, plus la précipitation.
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