C’est l’une des questions les plus fréquentes sur le marché : comment les prix peuvent-ils monter si les ventes baissent ? En mai 2026, la RMR de Montréal offre l’exemple parfait de ce paradoxe apparent. Pour les statistiques complètes du mois, voyez notre analyse APCIQ de mai 2026. Ici, on ne refait pas la liste des chiffres : on explique le mécanisme.
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Parler à un courtier →1. Le paradoxe apparent
Les faits d’abord : en mai 2026, le nombre de ventes recule de 7 % dans la RMR de Montréal (unifamiliale -6 %, plex -5 %, copropriété -8 %). Pourtant, sur la même période, les prix médians progressent : unifamiliale +3 %, plex +6 %, copropriété +1 %. Moins de transactions, mais à des prix plus élevés : l’intuition résiste, jusqu’à ce qu’on regarde ce que chaque chiffre mesure vraiment.
2. Mécanisme : le prix suit l’offre et la demande, pas le volume
Le volume de ventes et le prix ne racontent pas la même histoire. Le volume compte combien de propriétés se sont vendues ; le prix reflète l’équilibre entre l’offre et la demande. Un mois peut voir moins de transactions — parce que des acheteurs temporisent ou que peu de biens sont disponibles — sans que la valeur des propriétés baisse. Tant que ceux qui achètent se disputent une offre limitée, les prix tiennent, voire montent. Le volume mesure l’activité ; le prix mesure la tension.
3. Mécanisme : l’offre reste insuffisante
C’est le cœur de l’explication en 2026. Même si les inscriptions augmentent (+14 % dans la RMR de Montréal, +13 % et 42 066 dans la province), l’offre part d’un niveau historiquement bas et reste insuffisante face à la demande. La pénurie ne se résorbe pas en un mois. Cette rareté persistante maintient une pression à la hausse sur les prix : il y a plus de choix qu’avant, mais pas encore assez pour faire pencher la balance côté acheteur.
4. Mécanisme : l’effet de composition
Dernier ressort, plus subtil : le prix médian dépend de ce qui se vend. Si, sur une période, la part des propriétés plus chères augmente dans le total des ventes, la médiane grimpe — indépendamment de la valeur de chaque bien pris isolément. Cet effet de composition (ou effet de mix) peut amplifier une hausse du prix médian même quand le volume global diminue. C’est un rappel utile : la médiane est un résumé, pas la mesure exacte de l’évolution d’une propriété donnée.
5. Ce que ça change pour vous
La leçon : ne pas confondre ralentissement du volume et baisse des prix. Un marché qui vend moins n’est pas un marché qui perd de la valeur. Pour le vendeur, cela veut dire que les prix tiennent, mais qu’un affichage juste reste essentiel dans un marché plus sélectif. Pour l’acheteur, cela signifie plus de temps et de choix, sans garantie de rabais : attendre une baisse qui ne vient pas peut coûter plus cher que d’acheter au bon prix aujourd’hui.
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