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Drummondville au T3 2026 : la rareté s'atténue, mais pas encore dans les prix

Dans leur bilan du 14 octobre 2026, la Chambre immobilière Estrie, Mauricie, Centre-du-Québec (CIEMCQ) et l'APCIQ titrent : « RMR de Drummondville : la rareté s'atténue graduellement ». Le mot important est « graduellement ». Les inscriptions bondissent de 50 %, mais le prix médian unifamilial monte encore de 11 %. Notre article sur la négociation par tranche de prix à Drummondville montrait où se concentre la marge de négociation. Celui-ci explique dans quel ordre les indicateurs bougent quand un marché sort de la rareté, et pourquoi les prix sont les derniers à réagir.

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Les chiffres du troisième trimestre 2026 à Drummondville

Selon le communiqué conjoint de la CIEMCQ et de l'APCIQ, basé sur les données Centris :

Le communiqué conclut que les conditions de marché demeurent avantageuses pour les vendeurs. Marc-Antoine Benoît, président de la CIEMCQ, le formule ainsi : « À Drummondville, les acheteurs bénéficient aujourd'hui d'un choix plus vaste qu'au cours des dernières années », tout en notant que les propriétés recherchées trouvent rapidement preneur.

Une rareté qui s'atténue : l'ordre dans lequel les choses bougent

Quand un marché sort d'une période de rareté, tous les indicateurs ne réagissent pas en même temps. La séquence habituelle ressemble à ceci :

Drummondville se trouve visiblement au début de cette séquence. L'offre bouge fortement et depuis trois trimestres. Le délai commence à peine à s'allonger, de trois jours. Le prix médian, lui, n'a pas encore pris le virage.

Premier signal : les inscriptions

Une hausse de 50 % des inscriptions en un an est le signe le plus net d'une rareté qui recule. Mais il faut la rapporter aux ventes. Un calcul approximatif, qui n'est pas un indicateur officiel du communiqué : avec 389 inscriptions et 220 ventes sur le trimestre, soit environ 73 ventes par mois, le stock représente un peu plus de 5 mois de ventes. En reconstituant l'an dernier à partir des variations publiées, on obtient environ 259 inscriptions pour environ 210 ventes, soit un peu moins de 4 mois.

L'offre a donc progressé nettement plus vite que les ventes. Le communiqué ne publie pas de délai d'écoulement officiel ; ce ratio maison sert seulement à mesurer l'écart entre l'offre et la demande.

À noter : les ventes elles-mêmes ont augmenté de 5 %. La rareté ne s'atténue donc pas parce que les acheteurs disparaissent, mais parce que l'offre progresse plus vite qu'eux. C'est la différence avec plusieurs grands marchés, où le communiqué provincial de l'APCIQ décrit des acheteurs moins actifs.

Deuxième signal : le délai de vente

Le délai de vente moyen d'une unifamiliale passe à 46 jours, trois de plus qu'un an plus tôt. Le communiqué le juge relativement court. C'est un premier mouvement, encore modeste, mais dans la direction attendue : avec plus de propriétés à comparer, les acheteurs prennent un peu plus de temps.

La comparaison avec la RMR voisine de Trois-Rivières, publiée dans le même communiqué, illustre la même séquence. Les inscriptions y progressent de 54 % et le délai unifamilial s'allonge de six jours, à 32 jours, alors que les conditions y restent très favorables aux vendeurs. Dans les deux marchés, l'offre a bougé avant les délais, et les délais avant les prix.

Dernier signal : les prix, et pourquoi ils montent encore

Le prix médian unifamilial de 445 000 $, en hausse de 11 %, peut sembler contredire l'idée d'une rareté qui s'atténue. Ce n'est pas le cas, pour deux raisons.

D'abord, un prix de vente enregistre une négociation qui a eu lieu des semaines plus tôt, dans un marché où l'offre était plus rare. Il décrit le passé récent, pas les conditions actuelles.

Ensuite, une médiane trimestrielle dépend des propriétés qui se sont vendues. Si les unifamiliales vendues ce trimestre étaient en moyenne plus grandes ou mieux situées, la médiane monte même sans hausse de valeur des maisons comparables. Nous avons détaillé ce phénomène, l'effet de composition, dans un autre article. Avec quelques centaines de ventes par trimestre, il pèse davantage qu'à Montréal.

Le communiqué ne permet pas de faire la part entre ces deux effets. Il permet seulement de constater que les prix n'ont pas encore enregistré le retour de l'offre.

En pratique, pour un vendeur ou un acheteur à Drummondville

Pour un vendeur, le contexte reste favorable, mais la concurrence a nettement augmenté : il y a 50 % plus de propriétés inscrites qu'il y a un an. Fixer un prix demandé sur la hausse de 11 % de la médiane serait risqué. Les ventes comparables récentes de votre secteur et de votre type de propriété sont un meilleur point de départ.

Pour un acheteur, le gain est d'abord le choix. Les propriétés recherchées partent encore vite, mais l'allongement des délais laisse un peu plus de temps pour comparer, faire inspecter et négocier les conditions.

Si la séquence se poursuit, les prochains bilans devraient montrer des délais qui s'allongent davantage avant tout ralentissement net des prix. Ce sont ces deux indicateurs qu'il faut surveiller.

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Rédigé par Hamza T., courtier immobilier certifié OACIQ · DESS en IA, UQAR

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