T2 2026 au Québec : 27 296 ventes et 41 466 inscriptions en vigueur
Le deuxième trimestre 2026 se résume à deux mouvements de sens contraire : les ventes reculent de 5 %, l'inventaire disponible progresse de 14 %. La tendance de fond était déjà visible à Montréal, comme nous l'avons documenté dans notre suivi de l'inventaire de la région métropolitaine. Voici ce que ces chiffres disent, et surtout ce qu'ils ne disent pas.
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Deux mesures différentes, deux variations à lire séparément
Commençons par la précision qui évite les faux calculs. Les 27 296 ventes cumulent trois mois de transactions conclues. Les 41 466 inscriptions sont des inscriptions en vigueur, c'est-à-dire une moyenne du stock de propriétés disponibles sur la période. Ce ne sont pas des nouvelles inscriptions arrivées sur le marché, et ce n'est pas un flux.
Il en découle une règle de lecture simple : ces deux nombres ne se divisent pas l'un par l'autre. Un flux trimestriel rapporté à une moyenne d'inventaire ne produit aucun indicateur interprétable. La seule comparaison qui tienne porte sur les variations annuelles, et elle est parlante : les inscriptions en vigueur progressent de 14 % pendant que les ventes reculent de 5 %.
Autrement dit, l'offre disponible s'épaissit nettement plus vite que la demande ne se contracte. C'est cette divergence, et non le niveau absolu de l'un ou l'autre chiffre, qui caractérise le trimestre.
Ce que 14 % d'inscriptions en vigueur en plus veut dire pour un vendeur
Une hausse du stock disponible ne signifie pas que le marché s'effondre. Elle signifie qu'une propriété affichée est comparée à davantage d'alternatives simultanées. C'est une transformation de la concurrence, pas de la demande.
Concrètement, l'acheteur du deuxième trimestre 2026 dispose de plus de choix qu'un an plus tôt à la même date, et il le sait. Le prix affiché supporte donc moins bien l'approximation : une propriété positionnée au-dessus de son marché ne reste plus seule sur son segment, elle sert de repère au voisin mieux tarifé.
Les prix n'ont pas suivi les ventes
C'est le fait le plus contre-intuitif du trimestre. Malgré des ventes en recul, les trois médianes provinciales progressent. L'unifamiliale s'établit à 523 250 $, en hausse de 5 %. La copropriété atteint 405 000 $, en hausse de 1 %. Le plex se situe à 690 000 $, en hausse de 2 %.
Les délais de vente confirment que les trois segments ne vivent pas la même chose. Pour l'ensemble du Québec, l'unifamiliale se vend en 38 jours, le plex en 43 jours et la copropriété en 46 jours. L'écart entre le plus rapide et le plus lent atteint donc huit jours, et il classe la copropriété en dernière position.
Cette dissociation entre volume et prix se retrouve dans les prévisions révisées pour l'année : un recul des ventes de 6 % sur 2026, accompagné d'une hausse de 5 % du prix médian des unifamiliales. Le scénario retenu n'est donc pas celui d'une correction de prix, mais celui d'un marché qui transige moins sans se déprécier.
Montréal recule plus vite que la province
La région métropolitaine de Montréal enregistre 13 365 ventes au deuxième trimestre, en baisse de 7 %, contre 5 % pour l'ensemble du Québec. Le repli y est donc plus marqué, ce qui n'empêche pas les prix d'y progresser : unifamiliale à 645 000 $ en hausse de 3 %, copropriété à 430 000 $ en hausse de 1 %, plex à 874 000 $ en hausse de 5 %.
Les délais montréalais dessinent un écart plus large qu'en province : 32 jours pour l'unifamiliale, 43 jours pour le plex, 48 jours pour la copropriété. Seize jours séparent le segment le plus rapide du plus lent, contre huit à l'échelle provinciale. Le plex, lui, affiche exactement 43 jours dans les deux géographies, ce qui n'est pas une erreur de relevé mais une coïncidence utile : c'est le seul type dont la vitesse ne dépend pas du territoire.
C'est aussi le plex montréalais qui progresse le plus en prix, avec 5 %, deux fois plus vite que son équivalent provincial. Le segment locatif reste porteur là où la demande de logement est la plus dense.
Les causes nommées par l'APCIQ
Le ralentissement du volume n'est pas attribué au hasard. L'APCIQ nomme trois facteurs : les pertes d'emplois chez les 25-54 ans depuis le début de 2026, les renouvellements hypothécaires à des taux plus élevés, et une croissance démographique moins soutenue.
Les trois se recoupent sur la même population. La tranche des 25-54 ans est celle qui achète, celle qui renouvelle, et celle que l'immigration alimentait. Quand les trois se resserrent en même temps, la demande recule sans que les prix aient de raison mécanique de suivre immédiatement, puisque les vendeurs en place ne sont pas contraints de vendre.
Pour un vendeur, la conclusion pratique tient en une phrase : le marché du deuxième trimestre 2026 ne sanctionne pas le prix, il sanctionne le temps. Une propriété correctement positionnée se vend dans les délais indiqués plus haut. Une propriété mal positionnée accumule des jours au compteur, dans un inventaire plus fourni de 14 %, et c'est ce compteur qui finit par coûter le prix.
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