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Québec : première baisse trimestrielle des prix en plus de 3 ans (juillet 2026)

Le 14 juillet 2026, Royal LePage a signalé que la région de Québec venait d'enregistrer sa première baisse trimestrielle de prix en plus de trois ans. Après un cycle haussier ininterrompu depuis 2022, c'est le premier trimestre à finir plus bas qu'il n'a commencé. Le même constat ne s'applique pas à Montréal, où les prix continuaient de progresser en juin : voyez notre lecture de la divergence entre Québec et Montréal cet été. Voici ce que ce retournement change concrètement.

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Ce qui a été annoncé, exactement

Le signal porte sur une variation trimestrielle : le prix de la région de Québec a reculé d'un trimestre à l'autre, pour la première fois depuis plus de trois ans. Ce n'est pas la même chose qu'une baisse annuelle. Sur douze mois, le marché québécois demeure au-dessus de son niveau de 2025. Ce qui change, c'est la direction de la dernière pente, et la fin d'une série de trimestres tous positifs. Royal LePage anticipe par ailleurs un ralentissement à l'approche des élections de fin d'été, l'incertitude poussant une partie des acheteurs à reporter leur décision.

Une nuance méthodologique s'impose : un prix agrégé pondéré par type de propriété et une médiane calculée sur les transactions d'un mois ne mesurent pas la même chose. Deux baromètres peuvent diverger sur un même marché sans que l'un des deux ait tort. C'est précisément ce qui rend le trimestre de la région de Québec intéressant : le changement de signe apparaît d'abord dans les indicateurs les plus fins.

Pourquoi Québec avant Montréal

La région de Québec a vécu l'un des rattrapages les plus rapides de la province depuis 2022 : des prix partis d'un niveau très inférieur à celui de Montréal, un inventaire descendu à des planchers historiques, et une demande locale soutenue par un marché de l'emploi solide. Quand une hausse est à la fois rapide et longue, elle finit par rencontrer le mur de l'accessibilité locale : les revenus d'une région n'augmentent pas au rythme de ses prix. Le trimestre en repli est le symptôme de cette rencontre.

Montréal suit un calendrier différent. En juin 2026, la région métropolitaine affichait 4 012 ventes (-8 % sur un an) mais une unifamiliale médiane en hausse à 649 000 $ (+4 %), une copropriété à 435 000 $ (+2 %) et un plex à 880 000 $ (+6 %). Le volume y ralentit depuis plusieurs mois pendant que les prix résistent, un profil classique de marché qui se rééquilibre par les quantités avant de le faire par les prix.

Le contexte de taux joue en sens inverse

Le ralentissement québécois arrive dans un environnement de financement plutôt favorable. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 15 juillet 2026, un sixième maintien consécutif, et la prochaine annonce est fixée au 2 septembre 2026. Du côté des taux fixes, le 5 ans le plus bas offert à Montréal s'établissait à 4,09 % le 23 juillet 2026. Autrement dit, ce n'est pas un choc de taux qui freine la région de Québec, mais une limite d'accessibilité atteinte après trois ans de hausse.

Cette distinction compte pour la suite. Un ralentissement provoqué par des taux qui montent se retourne quand les taux redescendent. Un ralentissement provoqué par des prix qui ont dépassé la capacité de payer locale se corrige, lui, par une période de stagnation pendant que les revenus rattrapent. Le second scénario est plus lent, mais aussi moins brutal.

Pour l'acheteur de la région de Québec

Un trimestre en repli, c'est un peu de pouvoir de négociation qui revient de votre côté. Trois réflexes concrets. D'abord, se faire préapprouver maintenant : avec un taux fixe 5 ans autour de 4,09 %, la garantie de taux de 90 à 120 jours vaut son prix. Ensuite, négocier sur des comparables précises : dans un marché qui tourne, une propriété affichée au prix du printemps est une propriété négociable. Enfin, surveiller les délais de vente : un bien qui dépasse largement le délai médian de son secteur est un bien dont le vendeur a déjà commencé à réviser ses attentes.

Pour le vendeur de la région de Québec

L'erreur la plus coûteuse serait d'afficher au prix du dernier record du quartier. Dans un marché qui vient de marquer sa première baisse trimestrielle en trois ans, un prix trop optimiste ne se corrige pas tout seul : il s'enlise, accumule les jours sur le marché, puis subit deux ou trois baisses successives qui finissent sous le prix qu'un affichage juste aurait obtenu d'entrée de jeu. La bonne référence n'est pas ce que votre voisin a obtenu en avril, mais ce que des propriétés comparables ont réellement conclu ces huit dernières semaines.

Reste la question du calendrier. Si l'incertitude électorale de fin d'été pousse effectivement une partie des acheteurs à attendre, la fenêtre d'août conserve un avantage : moins d'inscriptions concurrentes qu'à la rentrée, et des acheteurs encore actifs, souvent motivés par une date d'occupation.

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Rédigé par Hamza T., courtier immobilier certifié OACIQ · DESS en IA, UQAR

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