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Prévisions révisées 2026 : -6 % de ventes, +5 % sur le prix médian unifamilial

En février, nous publiions nos prévisions de prix pour 2026. Six mois et deux trimestres plus tard, elles sont révisées : le volume de ventes reculerait de 6 % sur l'année, pendant que le prix médian des unifamiliales progresserait de 5 %. Ce n'est pas une nouvelle prévision, c'est la même trajectoire recalée sur les chiffres réels.

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Ce qui a été révisé, et pourquoi ça compte

Une prévision annuelle publiée en février repose sur des hypothèses, pas sur des transactions. Elle se révise à mesure que les trimestres livrent leurs chiffres, et c'est précisément ce qui vient de se produire. La révision retient deux nombres : un recul des ventes de 6 % sur l'ensemble de 2026, et une hausse de 5 % du prix médian des unifamiliales.

Ces deux nombres pointent dans des directions opposées, et c'est là tout l'intérêt de la révision. Le réflexe naturel consiste à supposer qu'un marché qui ralentit se déprécie. Le scénario retenu dit exactement l'inverse : moins de transactions, sans baisse de valeur.

Perdre du volume et gagner du prix : le mécanisme

Volume et prix ne mesurent pas la même chose. Le volume compte les ménages qui ont pu et voulu transiger. Le prix décrit le rapport entre ce qui est offert et ce qui est recherché sur un segment donné. Rien n'oblige les deux à bouger ensemble.

Le maillon qui explique la divergence est simple : un propriétaire québécois n'est presque jamais contraint de vendre. Quand la demande faiblit, il a le choix entre baisser son prix et retirer son bien du marché. La plupart choisissent la seconde option, ou attendent plus longtemps au même prix. Le résultat statistique est mécanique : les ventes conclues diminuent, mais celles qui se concluent le font à des niveaux qui tiennent.

Ce mécanisme a une limite qu'il faut nommer : il tient tant que les vendeurs peuvent attendre. Il cesse de tenir dès qu'une part significative d'entre eux se trouve avec une échéance à respecter. Rien dans les données du deuxième trimestre n'indique que ce basculement soit en cours.

Le deuxième trimestre valide déjà la trajectoire

Les chiffres du trimestre écoulé ressemblent à la prévision annuelle en réduction. Le Québec enregistre 27 296 ventes, en baisse de 5 %, pendant que la médiane de l'unifamiliale atteint 523 250 $, en hausse de 5 %. Le recul du volume et la progression du prix sont du même ordre de grandeur, en sens inverse.

La région métropolitaine de Montréal amplifie le mouvement sur le volume, avec 13 365 ventes en baisse de 7 %, tout en conservant une médiane unifamiliale de 645 000 $ en hausse de 3 %. Le repli y est plus prononcé, la valorisation plus modérée, mais le sens reste identique.

Un troisième chiffre complète le tableau : les inscriptions en vigueur progressent de 14 %. Il y a donc davantage de propriétés disponibles en même temps, sans que cette abondance ait encore produit de concession de prix. C'est le meilleur argument en faveur de la prévision révisée : l'offre s'épaissit et les médianes tiennent quand même.

Ce que la révision n'affirme pas

Une prévision de médiane provinciale ne dit rien de votre propriété. Le 5 % de hausse porte sur l'unifamiliale à l'échelle du Québec : il agrège des marchés qui montent davantage et d'autres qui reculent, des segments tendus et des segments en surplus. Aucun propriétaire n'habite dans la médiane.

Elle ne dit rien non plus des autres types. La révision porte explicitement sur les unifamiliales, pas sur la copropriété ni sur le plex, dont les dynamiques divergent nettement au deuxième trimestre. Reporter le 5 % sur un condo serait une erreur de lecture.

Enfin, une prévision reste un scénario. Celui-ci s'appuie sur les causes que l'APCIQ nomme pour expliquer le ralentissement du volume : les pertes d'emplois chez les 25-54 ans depuis le début de 2026, les renouvellements hypothécaires à des taux plus élevés, et une croissance démographique moins soutenue. Si l'un de ces facteurs évolue nettement, la trajectoire se révisera de nouveau.

Ce que ça change pour un acheteur, pour un vendeur

Pour un acheteur, la lecture est nette et un peu désagréable : le scénario retenu n'est pas celui d'une baisse de prix. Attendre 2027 en espérant payer moins cher revient à parier contre la prévision, tout en subissant l'écoulement du temps. Ce qui s'améliore réellement, c'est le choix. Plus d'inventaire disponible signifie plus de comparaisons possibles et davantage de marge sur les conditions, la date d'occupation et les délais.

Pour un vendeur, la valeur tient mais le calendrier s'allonge. Une propriété correctement positionnée trouve preneur ; une propriété mal positionnée accumule des jours dans un inventaire plus fourni de 14 %. La variable sur laquelle se joue une vente en 2026 n'est pas le montant affiché, c'est le temps que ce montant vous coûte.

Dans les deux cas, le bon réflexe est le même : raisonner sur les ventes comparables de votre secteur et de votre type, pas sur une médiane provinciale révisée une fois par semestre.

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Rédigé par Hamza T., courtier immobilier certifié OACIQ · DESS en IA, UQAR

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