Ratio ventes sur nouvelles inscriptions : l'indicateur qui parle en premier
Quand on demande si un marché se tend ou se détend, la réponse arrive presque toujours sous forme de délai de vente. C'est l'indicateur le plus cité, et c'est le plus lent. Il existe une mesure qui tourne des semaines plus tôt, et elle se calcule avec deux nombres que tout le monde a déjà sous les yeux. Pour le portrait provincial du mois, voyez notre analyse du marché québécois en juillet 2026.
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Deux nombres, une division
Le ratio se construit en divisant les ventes conclues pendant une période par les nouvelles inscriptions apparues pendant la même période. Le communiqué de l'APCIQ du 6 août 2026 fournit les deux termes pour le mois de juillet 2026 : 7 407 ventes à l'échelle de la province, et 11 303 nouvelles inscriptions. La division donne environ 65,5 %.
Ce que ce nombre dit tient en une phrase : sur dix propriétés nouvellement mises en marché ce mois-là, un peu moins de sept ont trouvé preneur, en comptant l'ensemble des ventes du mois, y compris celles d'inscriptions plus anciennes. Le ratio n'est donc pas un taux de réussite par inscription. C'est une mesure d'absorption : il compare ce qui sort du marché à ce qui y entre, sur la même fenêtre.
Pourquoi le délai arrive après
C'est une question de fenêtre d'observation, et elle explique tout. Un délai moyen se calcule sur des propriétés déjà vendues. Chacune a donc été inscrite des semaines, parfois des mois plus tôt. Ce que mesure un délai publié en juillet, c'est la rencontre entre une offre du printemps et une demande de l'été. Le ratio, lui, met en regard des flux du même mois : une inscription de juillet et une vente de juillet.
Suit une conséquence pratique importante. Quand la demande faiblit, le ratio recule tout de suite, mais les délais peuvent continuer à s'améliorer pendant un temps, parce que ce sont les biens les plus faciles, inscrits plus tôt, qui achèvent de se vendre. Interpréter cette amélioration comme un signe de vigueur revient à lire le sillage d'un bateau pour deviner où il va.
Le stock, troisième terme de la lecture
À la fin de juillet 2026, 41 166 inscriptions étaient en vigueur au Québec. Rapporté aux 7 407 ventes du mois, cet inventaire représente environ 5,6 mois d'absorption au rythme observé. Le ratio et le stock ne mesurent pas la même chose : le premier porte sur les flux de la période, le second sur l'accumulation. Un ratio qui glisse pendant que le stock grossit décrit une situation ; un ratio qui glisse alors que le stock se vide en décrit une autre.
Le mois d'inventaire a d'ailleurs une faiblesse propre qu'il faut connaître : il se calcule à partir du rythme de ventes courant, qui est lui-même en train de changer. Quand ce rythme ralentit, le nombre de mois grimpe pour deux raisons à la fois, un numérateur qui monte et un dénominateur qui baisse. L'amplitude du mouvement dépasse alors celle du phénomène qu'il décrit.
Le niveau d'agrégation change tout
Un ratio provincial est un point de départ, pas une conclusion. Il agrège des marchés dont les flux n'évoluent ni au même rythme ni dans le même sens, et sa valeur moyenne peut parfaitement recouvrir des situations opposées d'un secteur à l'autre. La mesure devient décisionnelle quand elle porte sur le segment et le secteur du bien concerné, calculée sur les mêmes deux nombres, ventes et nouvelles inscriptions, restreints à ce périmètre.
Une précaution accompagne cette descente : sous un certain nombre de transactions, le ratio devient instable et quelques ventes suffisent à le faire basculer. Dans ces cas, mieux vaut rendre les deux nombres bruts que le quotient, qui donne une fausse impression de précision.
Ce que le ratio ne dit pas
Il indique une pression sur les flux, pas une variation de prix. Le passage de l'une à l'autre dépend d'autres facteurs, à commencer par la capacité d'emprunt des acheteurs et par la composition des biens qui se transigent. Un ratio peut aussi se tenir grâce à un afflux de nouvelles inscriptions bien situées plutôt que par un excès de demande. Il faut donc regarder les deux termes séparément avant de commenter leur rapport.
Comment s'en servir cette semaine
Si vous vendez, demandez pour votre secteur et votre type de propriété le nombre de ventes et le nombre de nouvelles inscriptions du dernier mois complet, puis faites la division vous-même. Comparez-la au même calcul un an plus tôt. Si vous achetez, la même paire de nombres vous dit si vous entrez dans un marché où l'offre nouvelle s'écoule ou s'accumule. Dans les deux cas, vous disposez de l'information plusieurs semaines avant qu'elle n'apparaisse dans un délai moyen.
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