Copropriété Montréal : 431 500 $ en juillet, premier repli
En juillet 2026, la copropriété est le segment le plus touché de la région métropolitaine de Montréal : 1 142 ventes, en recul de 17 % sur un an. Son prix médian s’établit à 431 500 $, toujours en hausse de 2 % sur douze mois. Mais rapporté au mois de juin, où nous relevions une médiane de 435 000 $, c’est un repli d’environ 3 500 $ d’un mois à l’autre. Le premier depuis le sommet dont nous rendions compte dans notre analyse du record de juin 2026.
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Deux comparaisons à ne pas confondre
Il y a deux façons de lire le chiffre de 431 500 $, et elles ne disent pas la même chose. La première est la comparaison annuelle, celle que publie l’APCIQ : juillet 2026 contre juillet 2025, soit une progression de 2 %. La seconde est la comparaison d’un mois sur l’autre, entre les 435 000 $ de juin et les 431 500 $ de juillet, soit un repli d’environ 3 500 $. Les deux sont exactes en même temps, et c’est normal : elles ne mesurent pas la même distance dans le temps.
La comparaison sur douze mois lisse les effets de saison et les variations d’échantillon. La comparaison de deux mois consécutifs, elle, porte sur un nombre restreint de transactions et bouge beaucoup plus facilement. C’est pourquoi un mois de repli n’établit pas une tendance. Ce qu’il établit, en revanche, c’est la fin d’une progression continue, et cela mérite d’être noté par quiconque prépare une mise en marché cet automne.
Le vrai signal est du côté du volume
Le repli de 3 500 $ sur la médiane est modeste. Le recul de 17 % des ventes ne l’est pas. Avec 1 142 transactions, la copropriété perd nettement plus de volume que les deux autres segments du marché montréalais : le plex recule de 16 % et l’unifamiliale de 4 % seulement. C’est cet écart de volume, et non le mouvement du prix médian, qui distingue vraiment le condo des autres segments en juillet 2026.
Pourquoi ce segment encaisse davantage
Hélène Bégin, économiste-experte à l’APCIQ, met en avant un contexte économique fragile et des règles d’immigration plus strictes qui entraînent une baisse de population dans le Grand Montréal. La copropriété est le segment le plus directement exposé à ces deux facteurs. C’est la porte d’entrée du premier achat, celle des ménages qui se forment et des personnes qui arrivent dans la région. Quand la formation de ménages ralentit, c’est ce segment qui le voit en premier, avant l’unifamiliale familiale ou le plex d’investisseur.
Ce que ça change pour un vendeur de condo
La référence de prix à utiliser cet automne n’est plus le record de juin. Avec un inventaire régional en hausse de 17 % sur un an et 5 260 nouvelles inscriptions ajoutées en juillet, la concurrence directe s’intensifie, souvent dans le même immeuble. Le prix d’affichage doit se caler sur les ventes comparables récentes du secteur, pas sur le sommet régional d’un mois donné. Et dans un marché où les acheteurs sont moins nombreux, la qualité du dossier départage : documents de copropriété complets, fonds de prévoyance sain, procès-verbaux disponibles dès la première visite.
Ce que ça change pour un acheteur
C’est le segment où la marge de manoeuvre est la plus large des trois. Moins de concurrence entre acheteurs, un inventaire qui progresse, et un prix médian qui cesse de monter d’un mois à l’autre : les trois conditions d’une négociation réelle sont réunies, ce qui n’était pas le cas au printemps. Cela ne dispense d’aucune vérification, au contraire. Sur un condo, l’état du fonds de prévoyance et l’historique des cotisations spéciales pèsent plus lourd sur le coût réel que quelques milliers de dollars négociés sur le prix d’achat.
Ce qu’il faudra surveiller
Un seul mois ne tranche rien. Ce qui dira si juillet marque un tournant ou une simple oscillation, c’est la direction des mois suivants sur les deux mesures à la fois : le volume de ventes, qui recule depuis cinq mois consécutifs à l’échelle de la région, et la médiane, qui vient tout juste de cesser de progresser. Si les deux reculent ensemble sur plusieurs mois, la lecture change. Tant que le volume seul recule, le marché du condo se resserre sans se retourner.
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