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Attentes d'inflation des ménages au T3 2026 : le long terme rejoint le court terme

Le 19 octobre 2026, la Banque du Canada a publié son enquête trimestrielle sur ce que les ménages attendent de l'inflation. Le message principal tient en une phrase : les attentes à long terme ont monté pour rejoindre le niveau déjà élevé des attentes à court terme. Notre article sur les taux fixes qui baissent malgré le statu quo de la Banque du Canada montrait que les taux hypothécaires ne suivent pas toujours le taux directeur. Celui-ci s'intéresse à un autre ressort, plus discret : ce que pensent les ménages de l'inflation future, et pourquoi la banque centrale y attache autant d'importance.

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Ce que la Banque du Canada a publié le 19 octobre 2026

Le document s'intitule « Enquête sur les attentes des consommateurs au Canada — troisième trimestre de 2026 ». Il repose sur un panel en ligne mené du 5 au 27 août 2026, complété par des entrevues de suivi par téléphone du 24 août au 4 septembre 2026.

Un détail de calendrier compte pour la lecture. Environ les trois quarts des réponses ont été recueillies avant la rupture des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, le 21 août, et avant l'annonce subséquente de nouvelles contre-mesures tarifaires canadiennes. L'essentiel de l'enquête décrit donc un état d'esprit antérieur à cet événement.

Précision importante : le texte de la Banque ne publie aucun pourcentage d'attente. Il décrit des directions et des comparaisons, pas des niveaux chiffrés. Cet article s'en tient donc aux formulations de la Banque.

Le point central : les attentes à long terme rejoignent le court terme

L'enquête distingue plusieurs horizons. Les attentes d'inflation à 12 mois et à 24 mois ont peu changé par rapport au trimestre précédent. Ce sont les attentes à long terme qui ont bougé : elles ont augmenté au troisième trimestre et ont rejoint le niveau déjà élevé des attentes à court terme.

Autrement dit, l'écart entre le court terme et le long terme s'est refermé par le haut. Une lecture possible : les ménages interrogés voient moins l'inflation élevée comme un épisode passager, puisque leur horizon lointain s'aligne sur leur horizon proche.

La Banque ajoute un élément de dynamique. Après la rupture des négociations commerciales du 21 août, les attentes à tous les horizons ont monté. Le quart de réponses recueilli après cette date pointe donc dans le sens d'une hausse supplémentaire. Interrogés sur les sources de l'inflation, les consommateurs citent les tensions commerciales et les prix de l'énergie.

Pourquoi une banque centrale surveille l'ancrage des attentes

On dit que les attentes sont « ancrées » quand les ménages et les entreprises s'attendent, à long terme, à une inflation stable et proche de la cible de la banque centrale, même quand les prix bougent beaucoup à court terme. Cet ancrage est précieux, parce que les attentes ne restent pas dans les têtes : elles se traduisent en comportements.

C'est pourquoi une hausse des attentes à long terme inquiète davantage une banque centrale qu'une hausse ponctuelle des prix. La seconde peut se résorber d'elle-même ; la première risque de s'auto-entretenir. Quand les attentes de long terme rejoignent un court terme élevé, la question de l'ancrage se pose ouvertement.

Santé financière, crédit et dépenses : ce que disent aussi les ménages

L'enquête ne se limite pas à l'inflation. Sur plusieurs points, elle décrit une amélioration :

La Banque assortit ce constat d'une réserve de calendrier : ces améliorations ont été mesurées avant la forte hausse des rendements obligataires de septembre 2026. Elles ne tiennent donc pas compte de ce mouvement de marché.

Le volet des dépenses est plus sombre. Les intentions de dépenses sont légèrement en baisse et se situent sous la moyenne de l'enquête. Près de la moitié des répondants croient que les pires effets restent à venir, et ceux-là sont plus susceptibles de reporter des achats importants. Environ la moitié des répondants s'attendent à une récession dans les 12 prochains mois.

Ce que l'enquête ne dit pas : le logement

Il faut le dire clairement : cette enquête ne contient aucune donnée sur le logement ni sur les prix des maisons. Elle ne permet pas de conclure qu'il faut acheter, vendre ou attendre, ni d'anticiper l'évolution des prix dans un quartier.

Tout au plus peut-on noter que la tendance à reporter des achats importants, relevée par la Banque, concerne des décisions de consommation en général. Rien dans le texte ne permet de la rattacher spécifiquement à l'achat d'une propriété.

Taux fixes et décision du 28 octobre : un lien à lire avec prudence

Le lien avec votre prêt hypothécaire existe, mais il est indirect. Les taux fixes suivent surtout les rendements obligataires, et ces rendements sont eux-mêmes sensibles aux anticipations d'inflation. Des attentes d'inflation qui montent, chez les ménages comme sur les marchés, peuvent donc peser sur les taux fixes. Mais l'enquête mesure les ménages, pas les marchés obligataires, et aucun lien mécanique ne relie l'une à l'autre.

La même prudence vaut pour le taux directeur. La Banque du Canada annoncera sa prochaine décision le 28 octobre 2026, et le résultat n'est pas connu au moment où cet article est publié. L'enquête est un élément parmi d'autres de son analyse ; elle n'en dicte pas l'issue.

Ce que vous pouvez en retirer, c'est un repère sur le climat dans lequel les taux vont se décider. Pour votre situation précise, votre prêteur ou votre conseiller hypothécaire reste la bonne personne à consulter, et un courtier peut vous aider à bâtir un projet d'achat qui tient dans plusieurs scénarios.

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Rédigé par Hamza T., courtier immobilier certifié OACIQ · DESS en IA, UQAR

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