On entend souvent parler de « marché équilibré » sans jamais définir ce que ça veut dire. Il existe pourtant une mesure simple : le SNLR, ou ratio ventes/nouvelles inscriptions. En mai 2026, à l’échelle de la province, il s’établit autour de 60 % — la définition même d’un marché équilibré. Pour un indicateur voisin, les mois d’inventaire, voyez notre analyse de la bascule vers l’équilibre. Voici comment lire le SNLR, pas à pas.
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Parler à un courtier →1. Ce que mesure le SNLR
Le SNLR (de l’anglais sales-to-new-listings ratio) compare le nombre de ventes au nombre de nouvelles inscriptions sur une période donnée. Il répond à une question simple : à quelle vitesse la nouvelle offreest-elle absorbée par la demande ? Plus le ratio est élevé, plus les ventes suivent le rythme des mises en marché, donc plus la demande domine. C’est un indicateur de flux : il capte la dynamique du moment, pas seulement le stock accumulé.
2. Lire le seuil : acheteur, équilibre, vendeur
La lecture conventionnelle du SNLR tient en trois bandes : en dessous d’environ 40 %, l’offre dépasse la demande — c’est un marché d’acheteurs ; au-dessus d’environ 60 %, la demande dépasse l’offre — c’est un marché de vendeurs ; entre les deux, la zone ~40 à 60 %définit un marché équilibré, où aucune des deux parties ne détient un avantage marqué.
3. Le Québec à ~60 % : le haut de la zone
À environ 60 % en mai 2026, le Québec se situe au sommet de la bande équilibrée, à la frontière du marché de vendeurs. Concrètement, le marché n’est plus la sur-demande des années de pénurie, mais il n’a pas basculé en faveur de l’acheteur non plus. C’est un équilibre penchant légèrement vendeur : un nuance importante, car parler d’« équilibre » tout court suggérerait à tort une parité parfaite.
4. Pourquoi ~60 % et pas davantage
Le ratio a reculé vers l’équilibre parce que ses deux composantes évoluent en sens contraire. En mai 2026, les ventes reculent (-6 %, à 9 300 transactions dans la province) tandis que les nouvelles inscriptions progressent(+5 %, à 15 405). Moins de ventes rapportées à plus de nouvelles mises en marché abaissent mécaniquement le SNLR : le marché se détend et se rapproche de l’équilibre, sans pour autant s’effondrer — le prix médian de l’unifamiliale reste à 524 900 $ (+5 %).
5. Ce qu’un marché équilibré change
Dans un marché équilibré, les surenchères se raréfient, les délais s’allongent modérément et les prix cessent de flamber sans pour autant chuter. Pour l’acheteur, c’est plus de temps et de marge de négociation ; pour le vendeur, un prix juste dès le départ redevient déterminant. À ~60 %, l’avantage penche encore légèrement du côté du vendeur : savoir où l’on se situe sur cette échelle vaut mieux que se fier au mot « équilibre » seul.
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