Mises en chantier d'août 2026 : au Québec, 92 % de ce qui démarre est collectif
Les données d'août publiées par la SCHL le 16 septembre 2026 disent deux choses à la fois. Le pays ralentit légèrement, pendant que la région de Montréal accélère. Et au Québec, la quasi-totalité de ce qui démarre n'est pas une maison individuelle. C'est ce second fait qui dit à quel type de propriété l'offre neuve fera concurrence. Pour le contexte d'ensemble de la construction résidentielle cette année, voyez notre article sur les mises en chantier au Québec en 2026.
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Les chiffres d'août, en trois mesures qui ne se confondent pas
Le communiqué de la SCHL du 16 septembre 2026 présente trois mesures qui ne racontent pas tout à fait la même chose. La tendance sur six mois, qui lisse les variations d'un mois à l'autre, s'établit à 244 149 unités pour le Canada, en recul de 1,3 % par rapport à juillet. Le rythme annuel désaisonnalisé, qui projette le seul mois d'août sur une année, atteint 229 046 unités, contre 229 360 en juillet. Enfin, le nombre réel de mises en chantier dans les centres de 10 000 habitants et plus s'établit à 17 691 en août, contre 18 112 en août 2025, soit un recul de 2 %.
Les trois vont dans le même sens, un léger repli, mais pas avec la même ampleur : le rythme annuel désaisonnalisé ne recule que d'environ 0,1 % d'un mois à l'autre, alors que le chiffre réel perd 2 % sur un an. La tendance sur six mois est la plus stable des trois, et c'est elle que nous utilisons ensuite pour comparer les régions et les types de logements.
Dans le même communiqué, Kevin Hughes, économiste en chef adjoint à la SCHL, dit s'attendre à ce que le repli se poursuive, surtout vers la fin de l'année. C'est une attente de l'organisme, pas une donnée mesurée.
Au Québec, plus de neuf logements mis en chantier sur dix sont collectifs
À l'échelle de la province, dans les centres de 10 000 habitants et plus, la tendance sur six mois compte 56 551 logements « autres », c'est-à-dire tout ce qui n'est pas une maison individuelle, contre 4 796 maisons individuelles. Le calcul est direct : 56 551 / (56 551 + 4 796) = 92,2 %. Pour une maison individuelle qui démarre, il se met en chantier près de douze logements collectifs.
Les deux segments ne bougent pas dans le même sens. Au Québec, les maisons individuelles reculent de 3 % et les autres logements progressent de 1 %. Au Canada, c'est l'inverse : les maisons individuelles progressent de 2 %, à 45 067 unités, et les autres logements reculent de 2 %, à 199 081 unités. Rapportée à la somme de ces deux catégories, la part collective nationale est de 81,5 %, soit plus de dix points sous la part québécoise.
| Tendance sur six mois | Maisons individuelles | Autres logements | Part collective |
|---|---|---|---|
| Québec, centres de 10 000 hab. et plus | 4 796 (-3 %) | 56 551 (+1 %) | 92,2 % |
| Canada | 45 067 (+2 %) | 199 081 (-2 %) | 81,5 % |
Source : SCHL, communiqué du 16 septembre 2026, données d'août. Parts calculées par CourtiConnect à partir des chiffres publiés.
Montréal accélère pendant que le pays et Québec ralentissent
Dans le même communiqué, la tendance de la RMR de Montréal atteint 30 492 unités, en hausse de 6 %. Celle de la RMR de Québec s'établit à 9 801 unités, en baisse de 1 %, et la tendance nationale recule de 1,3 %. Montréal est donc la seule des trois à progresser.
Rapportée à la tendance provinciale de 61 347 logements, soit 56 551 plus 4 796, la RMR de Montréal en représente environ la moitié, 49,7 %, et celle de Québec environ 16 %. Ces parts sont un ordre de grandeur calculé sur les tendances publiées, pas une ventilation fournie par la SCHL.
Les chiffres cités ici ne détaillent pas la répartition par type de logement à l'échelle de la seule RMR de Montréal. Ce qu'on peut dire sans extrapoler tient en deux faits : la province construit collectif à plus de 92 %, et près de la moitié de sa construction se trouve dans une région de Montréal qui accélère.
Ce qu'un logement collectif concurrence, et ce qu'il ne concurrence pas
Une mise en chantier est une offre future, et une offre ne concurrence que ce qui lui ressemble. Un appartement neuf dans un immeuble de plusieurs logements s'adresse à l'acheteur d'une copropriété ou au locataire d'un logement, bien plus qu'au ménage qui cherche une maison individuelle avec terrain.
C'est la conséquence la plus concrète des chiffres d'août. L'offre neuve qui se prépare au Québec se présentera d'abord sous la forme de logements collectifs, vendus en copropriété ou mis en location, et c'est sur ces deux marchés qu'elle pèsera d'abord. La maison individuelle, qui représente 7,8 % de ce qui démarre dans la province, soit 4 796 sur 61 347, reçoit peu de concurrence neuve.
Une limite à garder en tête : les données citées ne disent pas quelle part de ces logements collectifs sera vendue en copropriété et quelle part sera louée. C'est la même catégorie de mise en chantier qui alimente les deux marchés, et le partage entre eux se décide projet par projet.
Entre la mise en chantier et la livraison, un décalage
Une mise en chantier n'est pas un logement disponible. Entre le début des travaux et la remise des clés s'écoule un délai qui dépend du projet, et qu'aucun des chiffres publiés en septembre ne mesure.
Les logements mis en chantier en août ne s'ajoutent donc pas à l'offre de cet automne. Ils s'y ajouteront plus tard, dans un marché qui aura pu changer entre-temps. Lire les mises en chantier comme une mesure de l'offre présente est un contresens : elles renseignent sur une offre à venir. Le repli que la SCHL attend pour la fin de l'année se lira lui aussi avec ce décalage.
Pour un vendeur de copropriété, une concurrence qui se prépare
Un propriétaire de copropriété dans la région de Montréal qui envisage de vendre dans les prochaines années regarde un marché où l'essentiel de la construction neuve de la province se présente sous une forme proche de celle de son bien. Ce n'est pas une prévision de prix, c'est une information sur le terrain de la concurrence : un acheteur qui compare des copropriétés aura, à terme, des unités neuves dans son éventail.
Pour un propriétaire de maison individuelle, le constat s'inverse : la construction neuve de ce type de bien pèse moins de 8 % de ce qui démarre, et la concurrence qu'il rencontrera viendra d'abord du parc existant. Pour un acheteur, le même chiffre indique où se trouvera le choix neuf : dans les immeubles collectifs, bien plus que dans la maison individuelle.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Les mises en chantier ne disent rien des prix, ni de ceux du neuf, ni de ceux de la revente. Elles ne disent pas quelle part des logements collectifs sera louée ou vendue, ni à quel moment précis chaque projet sera livré. Elles décrivent la forme de l'offre à venir, pas son effet sur une transaction donnée.
Pour une décision de vente, la donnée qui compte reste celle des ventes réelles de votre secteur et de votre type de propriété. C'est elle qui situe votre bien aujourd'hui, avant que l'offre neuve n'arrive.
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