Inflation de septembre 2026 : l'IPC monte à 3,1 %, les mesures fondamentales baissent
En septembre 2026, l'inflation globale a encore monté au Canada, à 3,1 % sur 12 mois. Pourtant, les trois mesures de l'inflation fondamentale suivies par la Banque du Canada ont toutes reculé. Notre article sur l'IPC d'août 2026, le logement à 1,5 % et l'inflation à 3 % décrivait le mois précédent. Celui-ci explique l'écart qui s'est creusé en septembre : ce que mesure chacun de ces indicateurs, pourquoi ils divergent de l'IPC global, et pourquoi c'est sur eux que la banque centrale porte son attention.
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Septembre 2026 : l'IPC global monte, les mesures fondamentales baissent
Les chiffres viennent de deux sources primaires. Statistique Canada a diffusé le 19 octobre 2026, dans Le Quotidien, l'« Indice des prix à la consommation, septembre 2026 ». La Banque du Canada publie de son côté, sur sa page consacrée aux mesures de l'inflation fondamentale, les trois indicateurs qu'elle calcule à partir de ces mêmes données.
| Mesure (variation sur 12 mois) | Août 2026 | Septembre 2026 |
|---|---|---|
| IPC global | 3,0 % | 3,1 % |
| IPC-tronq | 1,9 % | 1,8 % |
| IPC-méd | 2,0 % | 1,9 % |
| IPC-comm | 2,6 % | 2,4 % |
Les deux séries vont donc en sens contraire. L'IPC global gagne un dixième de point, pendant que l'IPC-tronq et l'IPC-méd en perdent un et que l'IPC-comm en perd deux. L'écart entre l'inflation globale et l'inflation fondamentale s'élargit au lieu de se refermer.
Ce qui pousse l'IPC global : l'essence et l'énergie
La hausse de septembre est très concentrée. Selon Le Quotidien, l'essence augmente de 27,8 % sur 12 mois, après 22,8 % en août, et l'ensemble de l'énergie de 19,0 %, après 15,4 %. Des hausses de cette ampleur suffisent à déplacer l'indice global, même si elles ne touchent qu'une partie du panier.
La preuve se lit dans les indices qui les excluent. L'IPC hors essence ralentit, à 2,2 % contre 2,4 % en août. L'IPC hors énergie s'établit à 2,1 %. Autrement dit, une fois l'énergie retirée, la hausse des prix est proche de 2 %, et elle ralentit. Autre signal dans le même sens : les aliments achetés en magasin progressent de 1,7 %, contre 2,8 % en août, leur plus faible hausse depuis mai 2024.
Sur un mois, l'IPC progresse de 0,1 % en données brutes et de 0,4 % une fois désaisonnalisé. La seconde série corrige les mouvements saisonniers, ce qui explique l'écart entre les deux.
Ce que mesurent l'IPC-tronq, l'IPC-méd et l'IPC-comm
Les trois mesures fondamentales partent des mêmes prix que l'IPC global, mais elles les traitent de façon à faire ressortir la tendance de fond plutôt que les chocs ponctuels.
- IPC-tronq : la moyenne des variations de prix après exclusion des variations les plus extrêmes, à la hausse comme à la baisse. Un bond de l'essence comme celui de septembre en est donc écarté.
- IPC-méd : la variation médiane, c'est-à-dire celle qui se situe au milieu de la distribution des variations de prix. Une poignée de catégories qui flambent ne la déplace pas.
- IPC-comm : la composante commune, soit le mouvement que partagent les différentes catégories de prix, par opposition à ce qui est propre à chacune.
Aucune de ces mesures n'est meilleure que les autres dans l'absolu. Elles se complètent : quand les trois reculent ensemble, comme en septembre, le signal de ralentissement de la tendance de fond est plus solide que si une seule d'entre elles bougeait.
Pourquoi la Banque du Canada regarde ces mesures
Une banque centrale agit sur l'inflation avec un décalage : une décision de taux produit ses effets sur plusieurs trimestres. Elle cherche donc à savoir si la hausse des prix qu'elle observe est généralisée et durable, ou concentrée sur quelques produits dont le prix peut se retourner aussi vite qu'il a monté.
L'essence est l'exemple type du second cas. Son prix dépend de marchés mondiaux sur lesquels un taux directeur n'a aucune prise directe. Réagir à chaque mouvement de l'essence reviendrait à resserrer ou à assouplir le crédit pour un choc que la politique monétaire ne peut pas corriger. Les mesures fondamentales permettent de regarder à travers ce bruit.
Ce que septembre 2026 met sous les yeux de la Banque est donc un tableau partagé : une inflation globale au-dessus de 3 %, et une inflation de fond qui se situe autour de 2 % et qui ralentit.
Le logement dans l'IPC de septembre
La composante logement progresse de 1,8 % sur 12 mois, contre 1,5 % en août. Le détail montre des mouvements très différents selon la ligne :
- loyers : +2,8 % ;
- assurance habitation et hypothécaire : +4,9 % ;
- coût de l'intérêt hypothécaire : −0,2 % ;
- coût de remplacement par le propriétaire : −1,9 %.
Le coût de l'intérêt hypothécaire, qui reflète ce que les ménages paient en intérêts sur leurs prêts, est désormais en léger recul sur un an. Ce sont plutôt les loyers et l'assurance qui tirent la composante vers le haut. Ces chiffres sont nationaux : Le Quotidien ne permet pas d'en tirer une lecture propre au Québec, et cet article n'en avance aucune.
Ce que cela change, ou non, pour un emprunteur
Pour un acheteur ou un propriétaire qui renouvelle, la question pratique est simple : ce rapport rend-il une hausse de taux plus probable ? La réponse honnête est qu'il donne des arguments aux deux lectures. L'IPC global, au-dessus de 3 %, plaide pour la prudence ; les mesures fondamentales, en recul et proches de 2 %, plaident contre un resserrement motivé par la seule énergie.
Ce rapport n'est qu'un des éléments que la Banque du Canada pèsera lors de sa décision du 28 octobre 2026, dont le résultat n'est pas connu au moment où cet article est publié. Le prochain point de repère viendra le 16 novembre 2026, avec la diffusion de l'IPC d'octobre par Statistique Canada.
En attendant, la meilleure protection reste un budget qui tient dans plusieurs scénarios de taux plutôt qu'un pari sur un seul. Votre prêteur ou votre conseiller hypothécaire peut tester votre propre situation ; un courtier peut vous aider à cibler un prix d'achat qui laisse cette marge.
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