Deuxième visite d'une maison : la liste de vérification pour confirmer sa décision
La première visite répond à une question simple : est-ce que cette maison me plaît ? La deuxième en pose une plus exigeante : est-ce que je suis prêt à l'acheter ? Notre checklist de la première visite couvrait l'enveloppe, les indices d'humidité et l'âge des systèmes. Cet article ne la répète pas. Il porte sur ce qu'une deuxième visite permet de vérifier, et qu'on ne voit presque jamais la première fois.
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Changer d'objectif : vérifier, pas admirer
Le piège d'une deuxième visite, c'est de revenir pour retrouver l'émotion de la première. Arrivez plutôt avec une liste écrite de ce qui vous fait hésiter, et de ce qui vous ferait renoncer. Chaque point doit finir la visite dans une de trois colonnes : rassuré, inquiet, à documenter.
Venez si possible avec quelqu'un qui n'a pas vu la maison. Un regard neuf voit ce que l'enthousiasme efface. Prenez des photos et des mesures des pièces où vous projetez des meubles précis : un lit, un bureau, un divan sectionnel.
Venir à une autre heure : bruit, lumière et vie de la rue
Si la première visite a eu lieu un samedi midi, demandez la deuxième en semaine, en fin de journée. Vous verrez la maison à l'heure où vous y vivrez le plus.
- Le bruit : circulation à l'heure de pointe, autobus, voie ferrée, commerces, cour d'école. Restez cinq minutes fenêtres fermées dans la chambre principale, puis cinq minutes dehors.
- La lumière : en novembre, le soleil est bas et les journées sont courtes. Regardez quelles pièces reçoivent encore de la lumière et lesquelles restent sombres dès l'après-midi.
- La vie de la rue : qui passe, à quelle vitesse, et comment les voisins utilisent leur terrain. Une rue calme le samedi peut servir de raccourci le mardi.
Si le vendeur ne peut pas vous recevoir à l'heure souhaitée, passez quand même devant la maison à ce moment-là, à pied ou en voiture. La circulation, le bruit, l'éclairage de la rue et l'occupation du stationnement se constatent très bien de l'extérieur. Faites-le aussi un soir de semaine, une fois la nuit tombée : vous verrez si la rue est éclairée, si le trajet depuis l'arrêt d'autobus vous paraît confortable et à quoi ressemble le voisinage quand tout le monde est rentré.
Les tests que personne ne fait la première fois
Une première visite se fait souvent en groupe, sous l'œil du courtier inscripteur, et on n'ose pas toucher. À la deuxième, demandez la permission et faites quelques tests simples :
- La pression d'eau : ouvrez le robinet de la cuisine, puis celui de la salle de bain à l'étage en même temps, et tirez la chasse d'eau. Une chute marquée du débit mérite une note pour l'inspecteur.
- L'eau chaude : laissez couler un robinet et observez combien de temps elle met à arriver.
- Les odeurs : entrez au sous-sol en premier, avant que la maison ne s'aère. Une odeur d'humidité, de mazout ou d'égout se sent mieux à l'arrivée qu'au bout d'une heure.
- Les portes et fenêtres : ouvrez-en quelques-unes. Une fenêtre qui force ou une porte qui frotte peut n'être qu'un ajustement, ou un indice à signaler.
- Le cellulaire : vérifiez la réception dans le bureau où vous comptez travailler.
Ces tests ne remplacent pas l'inspection préachat. Ils servent à arriver chez l'inspecteur avec des questions précises plutôt qu'avec une impression vague.
Penser à l'hiver : stationnement, entrée et déneigement
Une visite d'automne est le dernier moment pour imaginer la maison sous la neige avant d'y être. Regardez :
- Le stationnement : combien de voitures tiennent dans l'entrée, et où ira la neige une fois l'entrée dégagée. Si vous comptez stationner dans la rue, renseignez-vous auprès de la municipalité sur les règles de stationnement de nuit en hiver.
- La pente de l'entrée : une entrée en descente vers le garage peut devenir difficile par temps glacé.
- Les accès : marches extérieures, balcon, trajet jusqu'à la porte principale. Qui les déneigera, et comment ?
- Les gouttières et l'égouttement : observez où l'eau du toit se déverse. Près d'une entrée ou d'un escalier, elle peut geler.
Le voisinage, à pied
Garez-vous plus loin et marchez les cinq dernières minutes. Repérez l'arrêt d'autobus, l'épicerie, le parc et l'école, et chronométrez réellement le trajet. Observez l'entretien des maisons voisines, les terrains vacants, les chantiers en cours.
Si un voisin est dehors, une question polie sur le quartier en dit souvent plus qu'une fiche descriptive. Gardez toutefois un regard critique : un témoignage reste un point de vue.
Pensez enfin à vos trajets réels. Si vous travaillez à l'extérieur, faites le trajet maison-travail à l'heure de pointe au moins une fois avant de rédiger une promesse. Si vous avez des enfants, repérez le trajet jusqu'à l'école et les endroits où il faut traverser une rue passante.
Les questions à préparer pour le courtier inscripteur
Le courtier du vendeur représente le vendeur, pas vous. Selon l'OACIQ, il doit toutefois accorder un traitement équitable à l'acheteur et lui communiquer de façon objective l'information sur l'ensemble des faits pertinents à la transaction ; il ne divulgue pas d'information confidentielle ou stratégique. Posez donc des questions de faits, pas de stratégie :
- Quelles rénovations ont été faites, en quelle année, et par qui ?
- Y a-t-il des factures et des permis pour ces travaux ?
- Quelles inclusions et exclusions sont prévues (électroménagers, luminaires, rideaux, thermopompe murale) ?
- Le vendeur a-t-il déjà fait inspecter la maison ou fait faire des travaux à la suite d'une inspection ?
- Pour une copropriété divise : quels sont les frais de copropriété actuels et des travaux majeurs sont-ils annoncés ?
Si vous avez votre propre courtier, laissez-le poser ces questions et interpréter les réponses avec vous. C'est précisément son rôle.
Les documents à demander avant de rédiger une promesse
Une promesse d'achat bien rédigée repose sur ce que vous savez au moment de la signer. Avant de la rédiger, demandez, par votre courtier :
- Les factures et permis des rénovations annoncées : toiture, fenêtres, sous-sol, salle de bain.
- Les factures d'entretien des grands systèmes : chauffage, chauffe-eau, drain français si des travaux ont été faits.
- Le certificat de localisation, s'il est disponible, pour vérifier les limites du terrain et l'emplacement des constructions.
- En copropriété divise : depuis le 14 août 2025, le vendeur doit remettre au promettant acheteur une attestation du syndicat sur l'état de la copropriété (art. 1068.1 C.c.Q.). Demandez à quel moment elle sera disponible.
À la sortie de la deuxième visite, relisez vos trois colonnes. Si la colonne « inquiet » contient un point majeur sans réponse, ce n'est pas encore le moment d'écrire une promesse : c'est le moment d'aller chercher l'information qui manque.
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