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Deux biens ou cinq : ce que le nombre d'options change à votre négociation

La région métropolitaine de Montréal comptait 19 790 inscriptions en vigueur en juillet 2026. Ce nombre circule beaucoup, et il ne vous sert à rien tel quel : personne n'achète parmi 19 790 propriétés. Ce qui décide de votre position dans une négociation, c'est un nombre beaucoup plus petit, que vous seul pouvez établir. Pour le contexte de l'offre régionale, voyez notre analyse de l'inventaire montréalais en 2026.

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On ne négocie pas avec un marché, on négocie avec une liste

Ce qui donne du poids à un acheteur dans une discussion de prix ne tient ni à son ton ni à ses arguments. Cela tient à une seule chose : sa capacité crédible à se retirer et à acheter autre chose qui lui conviendrait presque autant. Un acheteur qui a une solution de rechange peut refuser. Un acheteur qui n'en a pas ne peut que demander.

Cette capacité se compte. Elle correspond au nombre de propriétés actuellement en vente qui satisfont vos critères non négociables. Ce n'est pas une posture, c'est un inventaire, et il est vérifiable. Le total régional de 19 790 inscriptions n'entre pas dans ce compte, parce que la quasi-totalité de ces propriétés ne vous conviendrait pas.

Construire sa liste en trois étapes

D'abord, fixer les critères dont vous ne dérogerez pas. Le secteur, parce qu'il commande le trajet quotidien. Le nombre de chambres, parce qu'il découle de la composition du ménage. Le budget maximal, celui de votre capacité d'emprunt réelle et non de vos espoirs. Puis, éventuellement, une ou deux contraintes propres à votre situation : accessibilité, stationnement, présence d'un espace de travail.

Ensuite, recenser toutes les inscriptions actives qui satisfont l'ensemble de ces critères, sans indulgence. Une propriété qui viole un critère non négociable ne compte pas, même si elle est séduisante par ailleurs : elle ne constitue pas une solution de rechange puisque vous ne l'achèterez pas. Enfin, écrire le nombre obtenu. Ce nombre est votre position, et il est presque toujours plus petit qu'on ne l'imagine avant de faire l'exercice.

Ce que change le passage de deux à cinq

À une seule option, vous n'êtes pas en négociation, vous êtes en candidature. Chaque concession que vous demandez risque de vous coûter la seule propriété qui vous convienne, et le vendeur le perçoit très vite. À deux options, une marge apparaît, mais elle reste étroite : perdre l'une des deux vous ramène au cas précédent.

C'est autour de quatre ou cinq options que la situation change de nature. Vous pouvez alors déposer une offre sur celle qui vous plaît le plus, sans anxiété, parce qu'un refus vous laisse quatre possibilités intactes. Ce n'est pas une question de courage mais de structure : le coût réel d'un refus a été divisé. Et cela s'entend dans la manière dont une offre est formulée, ce que l'autre partie perçoit toujours.

Tous les segments n'offrent pas le même nombre d'options

Le communiqué de l'APCIQ du 6 août 2026 permet de situer les trois segments de la RMR de Montréal. L'inventaire de copropriétés progresse de 20 % sur un an, celui des plex de 14 % et celui des unifamiliales de 13 %. Les délais de vente suivent le même ordre : 55 jours pour la copropriété, 46 pour le plex, 38 pour l'unifamiliale.

Ces deux séries disent la même chose depuis deux angles. Un acheteur de copropriété a, en moyenne, plus de solutions de rechange qu'un acheteur d'unifamiliale, et il dispose de plus de temps pour les examiner. Cela ne signifie pas que votre propre liste sera longue, seulement qu'à critères comparables, elle a plus de chances de l'être dans ce segment. Le seul moyen de savoir reste de faire le décompte pour vos critères à vous.

Que faire quand la liste est courte

Deux voies, et elles ne se valent pas selon les dossiers. La première consiste à élargir un critère et à mesurer l'effet. Ajouter un secteur limitrophe, accepter un type de propriété voisin, relever le budget de quelques milliers de dollars : chacune de ces variations rallonge la liste d'un nombre que vous pouvez constater immédiatement. C'est un exercice utile même quand on ne retient finalement aucun élargissement, parce qu'il montre où se trouve la vraie rareté.

La seconde consiste à assumer la position courte, ce qui est parfaitement légitime quand les critères sont réellement non négociables. Il faut alors déplacer la négociation : là où il n'y a pas de marge sur le prix, il en reste souvent sur la date de prise de possession, sur les inclusions, sur les délais de conditions. Ce sont des concessions qui coûtent peu au vendeur et valent beaucoup à un acheteur contraint.

Refaire le décompte tous les quinze jours

Une liste d'options n'est pas un état stable. Des propriétés entrent sur le marché, d'autres se vendent ou se retirent, et le nombre bouge sans prévenir. Un acheteur qui a compté cinq options il y a un mois peut en avoir deux aujourd'hui sans s'en être aperçu, et négocier comme s'il en avait encore cinq.

Un décompte toutes les deux semaines suffit à rester juste. C'est aussi le moment de vérifier si les propriétés de la liste sont toujours au même prix, une information qui renseigne autant sur le marché local que n'importe quelle statistique régionale, et qui a l'avantage de porter exactement sur les biens que vous visez.

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Rédigé par Hamza T., courtier immobilier certifié OACIQ · DESS en IA, UQAR

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